La résidence seniors, une option qui séduit


La résidence seniors, une option qui séduit

LE MONDE ARGENT | • Mis à jour le

Marie Lou, 84 ans, vient de perdre son mari. Si elle reste très alerte physiquement et intellectuellement, elle s’est vite rendu compte qu’elle ne pourrait pas assurer seule l’entretien de sa maison, malgré une retraite convenable. Elle redoutait aussi la solitude. Aller vivre chez ses enfants ? Sûrement pas. S’installer en maison de retraite ? Encore moins ! Restait la résidence seniors. Un choix qu’elle s’est résolue à faire, ses enfants, disséminés dans toute la France, ne pouvant pas venir à son secours à chaque difficulté.

Le cas de Marie Lou est loin d’être isolé. « Le choix de la résidence seniors tient souvent à des raisons matérielles, mais aussi à la recherche de convivialité »,explique Frédéric Walther, directeur général de Domitys, un des leaders de ce marché.

DIFFÉRENTS TYPES D’HÉBERGEMENT

En France, différents types d’hébergement coexistent. Tout d’abord, la maison de retraite publique ou privée, lieu d’accueil pour personnes valides. Puis, l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad),centre médicalisé habilité à accueillir des personnes nécessitant une assistance quotidienne.

Il nécessite des autorisations très spécifiques. Ensuite, le foyer-logement, sorte d’ancêtre de la résidence senior. Des loyers trop chers et des charges de fonctionnement trop importantes pour les propriétaires l’ont quelque peu remisé aux oubliettes.

 « La France compte 10 500 établissements pour personnes âgées – soit 680 000 lits –, dont 6 700 Ehpad et 2 500 foyers-logements. S’ajoutent environ 400 résidences seniors, qui n’entrent pas dans le cadre médico-social et sont donc moins encadrées », explique Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa, syndicat des maisons de retraite privées.

La résidence-services seniors s’adresse en effet aux personnes autonomes. Elle se compose de studios, de deux- et trois-pièces en général très fonctionnels, dans lesquels il est possible de cuisiner.

« Ils sont meublés de façon à éviter les chutes ou les accidents, disposent de tablettes permettant de commander l’éclairage ou les volets, explique Ludovic Savariello, directeur de la société Sairenor, promoteur spécialisé dans ce secteur. Nous les équipons aussi d’un système d’appel en cas de malaise et de capteurs capables de détecter toute anomalie. »

A cet équipement s’ajoutent de nombreux services, certains gratuits, d’autres payants : accueil, salon de détente, animations, ménage, restauration, bien-être,aide aux démarches administratives…

PRIX ÉLEVÉS

A entendre les promoteurs, les résidences seniors constitueraient le cadre idyllique pour bien vieillir. Encore faut-il pouvoir s’y payer une place, car les prix sont élevés : « Nous ne sommes pas dans le social, annonce d’emblée Frédéric Walther. Nos résidents perçoivent en moyenne 2 000 euros de retraite par mois, seuls 10 % à 15 % d’entre eux ne touchent que 1 000 euros. »

Chez Domitys, un studio à Cambrai (Nord) se loue 631 euros par mois (charges locatives, eau et électricité comprises), et 954 euros à Tours. Mais les services, dont certains sont imposés, viennent ensuite s’ajouter à la facture. Ainsi, la « formule Club », qui donne accès à l’accueil sept jours sur sept, aux espaces conviviaux, aux activités et animations, ainsi qu’à l’assistance pour les démarches administratives, coûte 240 euros supplémentaires par mois. Au final, le studio revient à 871 euros à Cambrai et à 1 194 euros à Tours.

Chez le concurrent Acapace, « les loyers oscillent entre 450 euros pour un studio à Saint-Etienne et 1 800 euros pour un deux-pièces à Versailles, ces montants comprenant les charges locatives, l’assurance, l’accueil, la conciergerie, les animations… », résume François Georges, son président.

SERVICES À LA CARTE

Le reste est à la carte : la restauration revient à 300 euros par mois en demi-pension, le ménage coûte 15 à 18 euros de l’heure… Chez Sairenor, le loyer le plus bas, pour un deux-pièces de 38 m2, s’élève à 475 euros, charges comprises. Et avec quatre heures de services individualisés, le budget grimpe à 700 euros.

Pour financer de tels montants, les seniors se servent souvent du produit de la vente de leur ancien logement. « Ils peuvent aussi bénéficier de l’allocation logement ou de l’allocation personnalisée d’autonomie », indique Frédéric Walther.

Avant de faire son choix, il est important de prendre le temps de s’assurer que la résidence répond bien à ses besoins. « La proximité des commerces, destransports, des services médicaux est indispensable », souligne Olivier Trit, directeur chez Cerenicimo, société de conseil en immobilier.

Logique ? Peut-être, mais trop de résidences seniors sont situées loin des villes. Cela pose des problèmes pour le résident, qui est isolé, mais aussi pour safamille qui souhaite lui rendre visite. Le loyer, hors services, doit aussi êtrecohérent avec ceux pratiqués dans le secteur pour des biens classiques. Autre étape obligatoire : décortiquer les contrats pour comprendre ce que les charges incluent ou pas.

Source: Le Monde

 

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